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28/10/09 - Vârânasî bis.


Mercredi 28 octobre.


Journée cool ou presque !


Levé tard, nous sortons prendre un repas puis partons à la chasse aux images le long du Gange, le fameux fleuve sacré des hindous.


Les ghâts se succèdent et chacun à sa particularité. L’un est spécialisé dans le bain des buffles, l’autre est plutôt orienté tourisme, l’autre est le ghât des crémations par mort non naturelle, un autre est réservé à toutes les crémations de mort naturelle, un autre ghât permet de se laver ou se purifier plus facilement ou encore il y a un ghât spécialisé dans les départs de barques pour touristes. En vrai ça n’est pas si clairement organisé mais ça reste la tendance on va dire.



L’anecdote c’est qu’en nous rapprochant du premier ghât de crémation, nous avons prit conscience que nous étions vraiment à Vârânasî… Heureusement, venant du sud, c’était le ghât le moins important et donc l’ambiance reste relativement supportable. Mais bon ça met dans l’ambiance.


Plus loin se trouve un ghât qui est situé au bout d’une grosse avenue de Vârânasî où se déroule tous les soirs une célébration népalaise avec des chants, danses et offrandes au Gange.


Pousser son dernier soupire auprès du Gange permettrait datteindre la libération du cycle des réincarnations. Fleuve du salut au flux permanent, le Gange est un symbole éternel despoir pour les générations passées, présentes et futures.

Chaque hindous se doit d’avoir une fiole des eaux du Gange chez lui qu’il peut garder plus de trente ans si il le faut, de manière à pouvoir la boire avant son dernier soupire.Il prend sa source dans l’Himalaya, au nord-est de Delhi et traverse tout l’Uttar-Pradesh sur sa longueur avant d’arriver à Vârânasî.

Chaque jour, quelques 60 000 fidèles descendent aux ghâts de la cité de Shiva pour un bain rituel. Quelques 200 à 400 crémations par jour y sont effectuées, les cendres, dispersées dans le fleuve.

Le long des ghâts de Vârânasî, 30 égouts sy déverseraient en permanence.

Le Gange serait tellement pollué que l’eau y serait dépourvue d’oxygène et donc contaminée. Les chiffres reconnues concernent les échantillons prélevés révélant que l’eau contiendrait plus de 1,5 millions de bactéries aux 100 ml contre moins de 500 ml dans la norme…


Malgré cela, la légende veut qu’une race de dauphins vive dans le Gange et qu’il est possible d’en apercevoir à Vârânasî. 


Juste derrière, l’ambiance devient doucement plus sombre. Le ciel est noirci par de la fumée et les bâtiments ont l’air d’avoir perdu leur âme. Ce sont les hospices et le ghât en contre bas est l’endroit que tous les hindous du monde souhaitent rejoindre le jour de leur mort.



En arrivant ici, je savais qu’il n’était pas respectueux de prendre des photos étant donné que c’est un lieu de deuil pour les familles. Mais de loin, j’ai pris en photo les bâtiments et le Gange.


En s’approchant des brasiers, nous nous faisons harceler par des indiens, prétextant que nous avions pris en photo les morts. On se fait engueuler, limite insulter. Je suis pris pour le diable en personne, mauvais karma etc… En même temps depuis le Népal je les enchaine les mauvais karmas…


Puis là-dessus, un type, plus calme, m’explique pourquoi il n’est pas bien de prendre en photo les morts. Je lui répond quand même que je n’ai jamais pris en photo les cadavres et n’ai aucunement l’intention de le faire ni de déranger la pseudo « tranquillité » des familles.


Malgré cela, il continue de m’expliquer en long et en large tout le fonctionnement de ce ghât. Il me rajoute aussi qu’il n’est pas guide mais qu’il travaille ici, c’est son boulot d’organiser toutes les crémations.


Juste en face de nous, une barque pleine de touristes s’avance doucement et tous les objectifs sont dirigés vers les brasiers et les corps qui prennent feu… On sent la bonne blague.


Alix croit apercevoir un indien qui filme ou qui prend des photos avec son téléphone portable juste à côté de nous. Bref tout le monde ne respecte pas de la même façon à priori et nous n’avons pas l’intention de jouer à leur petit jeu de culpabilité malgré que nous respections tout à fait les familles des défunts.


Alix sent l’entourloupe et moi-même je vois bien qu’il va falloir débourser un petit quelque chose à la fin mais étant donné la façon dont il présente les choses, j’ai envie d’en savoir plus et de voir comment il va m’amener à sortir les Roupies.


Attention âme sensible s’abstenir.


J’apprend qu’il s’y fait entre 150 et 500 crémations par jour en ce lieu même. Les hindous de toute l’Inde font en sorte de venir mourir ici et les bâtiments en ruines tout autour servent d’hospices pour les personnes sur le point de mourir… Ce sont vraiment des ruines d’après guerre, dégueulasses, pourries, remplit de rats et la fumée des crémations emplit le quartier.


Bref il m’explique donc que les morts non naturelles (suicide, électrocution etc) se font plus loin au petit ghât que nous avions vu au passage. Pour les moins fortunés il y a aussi un four crématoire situé pas loin d’où nous logeons. Ici se trouvent uniquement les morts naturelles et les plus fortunés.


Toujours, les cendres sont déversées dans le Gange, mais aussi, les résidus de corps qui n’ont pas été consumés… Le bassin pour les femmes en particulier à tendance à ne pas être consumé totalement et l’on peut voir ses indiens, aidé par des bouts de bois, extirper ces restes pour les jeter à l’eau comme si il s‘agissait d‘une poupée fondue…



Scène indélébile d’un visage endormit d’une femme allongé sur le bois, recouverte de nombreux tissus colorés. Son fils lui jettent de la sciure de bois puis rajoute ensuite des bûches par-dessus pour que la crémation soit la meilleure possible. Il revient ensuite avec de la paille qu’il a enflammée au brasier de Shiva pour tourner autour de sa mère et enfin lui permettre de monter au ciel.


A côté, des Intouchables, portent sur des brancards fait de bambous, les corps d’autres défunts qui doivent être incinérés dans la soirée. Ils les mènent au Gange où un prêtre purifie le corps et l’âme avant d’être posé sur l’un des buchés.


Personne ne pleure ici car que les larmes alourdissent l’âme du défunt qui ne peut aller au Nirvana par la suite.


J’y apprend que tout le monde n’a pas le droit à la crémation. Les femmes enceintes, les bébés, les enfants de moins de 12 ans, les assassins ou les personnes mordues par un serpent et les lépreux sont coulés au fond du Gange, lestés par des rochers.


Fin.


Un des brasiers est tenu en permanence par les équipes, tout au long de l’année, jour et nuit. C’est le feu de Shiva le dieu destructeur et créateur. Il est primordiale pour eux de le tenir allumée et si j’ai bien compris cela fait plus de 300 ou 3 000 ans qu’il existe si ce n’est plus… L’indien articulait mal son anglais et au lieu de dire trois cents ou trois milles il dit trois zéro zéro ou trois zéro zéro zéro sauf que pour le coup il me semble qu’il a mangé un chiffre…


Bref.


Il me montre les brasiers réservé aux riches de la ville et celui réservé aux riches des autres villes d’Inde.


Après cela, je vois en face de moi, Julie et Julien que nous avions rencontré à Pushkar et ils sont aussi guidé par un type. Par respect j’évite de les saluer ici même mais en repartant avec mon indien je fais une pause en retrouvant Alix et nous les attendons.


Alix n’aime pas du tout l’ambiance du lieu qui est en effet extrêmement pesante. Les odeurs, la fumée et l’idée que c’est un lieu de mort n’aide pas au bien-être c’est certain.


Mon indien s’impatiente et je comprend vite fait qu’il est possible de faire un don pour acheter le bois pour les plus démunis. Je me demandais comment il allait me faire sortir le porte-monnaie, voilà une belle tentative j’avoue.


Finalement notre couple d’amis redescend de la plateforme et nous nous saluons, tout content de se retrouver par hasard en cet endroit aussi glauque.


Nous discutons bien dix minutes et décidons d’aller boire un verre. De leur côté ils sont déjà passé par le don de 150 Roupies pour 1 kg de bois à une vieille femme âgée.


Dans ma poche je n’ai que 10 Roupies et j’ai guère envie de filer plus que ça de toute façon…


Mon indien attend toujours gentiment.


Nous avançons et il m’amène à la vieille dame caché derrière un bâtiment. J’ai pas tout compris mais elle me fait une puja, une sorte de prière suivie d’une offrande. Elle me met des graines dans la main, me demande mon nom et me demande de répéter le nom de Shiva. Elle baragouine un truc dont je ne comprend rien et mon guide indien est assis à côté et nous regarde. Pendant ce temps là, Alix, Julien et Julie sont 5 mètres derrière et m’attendent en discutant.


A la fin de sa grande farce, le type m’explique que 1 kg de bois coûte 150 Roupies, 10 kg 1 500 Roupies et qu’il est possible de faire des dons de 10, 15 ,20 Dollars pour aider cette vieille dame et d’autres à avoir le bois nécessaire pour leur crémation…


Quand je lui sors mon seul et unique billet de 10 Roupies de ma poche, il râle et je lui dis que je n’avais pas l’intention de faire de don mais qu’il m’a forcé la main. Que si je fais un don, ça sera un don d’un montant que j’ai choisis et pas l’inverse et que pour le coup, je n’ai que ça sous la main.


Il me rétorque : « Comment veux-tu aider l’hospice avec 10 Roupies ? »


Evidemment je n’avais pas l’intention d’aider qui que ce soit avec ça mais bon je lui répond que 10 + 10 + 10 + 10 + 10 ça peut faire beaucoup à la fin mais il refuse de prendre mon argent.


S’en suit encore une fois que j’ai un mauvais karma gnagnagna et les dieux vont me faire payer tout ça bref… Comme si arnaquer les gens et être malhonnête était mieux…


Quand on y repense selon la philosophie hindous, la pire des choses qui puisse m’arriver c’est de me réincarner en animal.



Soit, ça serait la chose la plus agréable vu de ma fenêtre…


Je repars avec Alix et nos amis et nous passons la soirée ensemble à discuter avec quelques enfants de la rue. Je sympathise avec Goliu (se dit Goliou), un gamin de 10 ans qui va à l’école du Lundi au Samedi de 7h00 à 12h00. Il y apprend l’anglais et parle déjà couramment la langue. Tous les jours à 5h00 du matin il se lève pour faire du Yoga car c’est le meilleur moment de la journée. Le reste du temps il travaille pour le magasin de vêtements en soie de son oncle et tente de rabattre quelques touristes chez lui en donnant des cartes de visites ou en jouant son As en prenant les gens par les sentiments. Il souhaite s’orienter dans l’informatique plus tard.


Il m’offre une de ses cartes postales qu’il tente de revendre pour se faire trois pièces et me fait un dessin sur la main avec de la poudre de couleur qu’il tente de revendre aussi. De mon côté, n’ayant pas d’argent à lui refiler, je lui montre le trajet de notre voyage sur une carte du monde. On discute tous les deux pendant qu’Alix et les Juju J discutent avec une gamine de 10 ans qui fait la starlette et qui parle comme une américaine avec des "Oh my god" par ci, des "Oh my god" par là !


Je parle football et de Zidane forcément avec Goliu. On parle criquet et de champion dont je ne connais même pas les noms (le criquet est un sport national en Inde au même titre que le football en France)


Pendant ce temps, juste devant nous se trouve un saddhu qui tape des mains, tape des pieds et crie des trucs incompréhensible tout en souriant. Les saddhus font la manche car ils ont fait voeux de pauvreté. En général ils ressemblent à ces types cinglés avec des barbes, qui vivent à poils dans des grottes et qui jettent leurs cacas sur les passants... 


Le petit Goliu m’a l’air tellement naïf comparé aux autres enfants des rues mais tellement pleins de curiosités que je me régale à parler avec lui. Lorsqu’un type vient pour offrir ses services de massages contre 10 Roupies, Goliu me chuchote pour me prévenir qu’à la fin il demandera une centaine de Roupies et non 10.


Après ça nous disons au revoir à nos chers enfants des rues puis allons dans un restaurant où le serveur y était bien culotté. Il attendait au bord de la table après nous avoir rendu la monnaie et s’est permit de prendre ce qu’il venait de ramener sans qu’on ne lui dise rien en prétextant que c’était son pourboire…


Alix a bondit tel une louve pour reprendre l’argent et le rendre à Julien.


Puis nous sommes rentré dans notre auberge à 30 minutes de marche dans le noir, le long du Gange, avec une mauvaise lampe frontale cassée qui éclaire qu’à moitié.


Galerie : Vârânasî.



Alix & Benjamin.



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Publié à 16:43, le mercredi 4 novembre 2009 dans f. Inde Octobre 2009, Inde
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27/10/09 - Vârânasî.


Mardi 27 octobre.


Vers deux heures du matin, les crampes d’estomac se calment doucement et le froid commence à se faire sentir…


Depuis quatre mois nous n’avions pas ressenti cette sensation qui prend aux extrémités et nous oblige à nous tourner dans tous les sens pour trouver la meilleure façon de se réchauffer.


Nous dormons dans nos sacs à viande mais ça n’est clairement pas suffisant car les fenêtres ferment très mal et nos voisins les ont laissé carrément grande ouverte... L’air s’engouffre par tous les trous et tout le monde a une grosse couverture sauf nous évidemment J



Nous avions déjà fait le même trajet en sens inverse et un peu plus au nord lors de notre trajet pour Delhi et il faisait pourtant très chaud il y a un mois. La température a drôlement baissé durant les nuits depuis Agra mais nous pensions que c’était du à la présence de forêt et de la rivière Yamuna.


Lors d’un arrêt vers 3h00 du matin, de nombreux voyageurs descendent et nous nous retrouvons dans un wagon à moitié vide. Les dernières personnes n’ayant pas de places s’incrustent là où elles peuvent rapidement et le va et vient des vendeurs de thé commence à partir de 5h00.


Nous ne dormons pas beaucoup durant cette nuit et attendons notre arrivé à Vârânasî aux alentours de 9h00 sauf que nous passons la matinée à regarder les gens descendre dans des gares inconnues, se demandant si nous n’avons pas loupé notre arrêt…


Vers 11h00 nous croisons une française que nous avions rencontré à Agra, elle nous cherchait, se demandant elle aussi si elle n’avait pas loupé son arrêt. Finalement notre voisin indien nous dit que nous arriverons dans deux heures environ. Soit quatre heures de retard rien que ça.


13h00 passé nous sortons du train et fonçons au guichet touriste pour réserver nos places dans le train pour Calcutta en fin de semaine histoire de pas avoir le même soucis de liste d’attente qu’à Agra. En 5 minutes c’est réglé et nous ressortons avec nos places, le billet nous ayant couté 540 Roupies (enfin 538 mais comme d’habitude les types n’ont pas la monnaie et se font un petit supplément de 2 roupies sur chaque billet vendu…)



Dehors, un chauffeur de rickshaw nous interpelle et nous dirige vers le vendeur de ticket prépayé. Plutôt sympa le type, d’habitude ils veulent nous prendre le plus de sous possible. C’est rare qu’ils nous emmènent vers ces guichets. Les rickshaw prépayés c’est comme les taxis prépayés, on achète un ticket selon la destination où l’on va et l’on donne le ticket au chauffeur en fin de course. Ca permet d’éviter de se faire avoir sur les tarifs. Pour le coup notre chauffeur est très gentleman et nous payons la course 75 Roupies pour bien 30 minutes de traversée de la ville dans les bouchons pour rejoindre Assi ghât, la berge l’a plus au sud de Vârânasî.


Nous descendons et commençons à chercher l’auberge dont nous avait parlé Sophie à Bîkaner. En demandant à un indien, nous l’a trouvons rapidement mais elle est pleine. La fille nous propose une pièce sans lit, sans meuble, sans matelas, rien et en demande 200 Roupies. Un peu abusé je trouve.


Elle nous propose de poser nos sacs ici et d’aller chercher une autre auberge en nous accompagnant. Plutôt sympa ça.


Elle nous montre rapidement où se trouve le ghât ainsi que le centre de vie du quartier où sont indiquées de nombreuses auberges. Nous demandons dans plusieurs établissement mais les prix ne descendent pas au dessous de 200 Roupies.


Finalement un peu plus loin, nous trouvons une auberge familiale, chez l’habitant en faite. La chambre avec salle de bain et surtout, au calme nous est proposé à 120 Roupies sans taxes, sans négociation. Banko ça sera super !


Nous posons les sacs et nous dirigeons vers un snack que nous avions vu au passage. La nourriture n’est pas trop chère comparé à d’autres villes que nous avons fait en Inde et les gens ont l’air relativement sympathiques et plus tranquilles.



La suite, nous l’a passons dans un cyber café pendant trois heures, pour envoyer quelques mails et surtout acheter notre billet d’avion pour Bangkok.


Un peu la galère, on osait pas trop le faire d’ici car il faut payer par carte bleue sur internet et outre le côté sécurité informatique, les indiens ne se gênent pas pour regarder ce que l’on fait. Obligé de se tourner pour se cacher, Alix les repoussant par moment, bref toute une mascarade.


J’achète les billets sur le site d’Indian Express, ils ne coûtent rien, à peine 2 000 Roupies pour deux, mais il y a pleins de taxes derrière qui font qu’ils nous coûte au final 9 000 Roupies (soit environ 130€ pour deux)


Le prix reste raisonnable mais nous attendons d’atterrir en Thaïlande pour voir si il n’y a pas de surprise concernant les sacs et compagnie. Indian Express n’est pas chère du tout mais n’a pas une bonne réputation non plus à cause de retard, d’annulation de vol, pas de remboursement, taxes en plus pour le poids… Nous verrons bien. Le départ est à 9h30 le 5 novembre, arrivée pour 13h30 heure locale j’imagine.


Après ça nous partons nous balader un peu autour de notre ghât mais la nuit est déjà tombée. Nous grimpons sur un toit-terrasse pour manger dans un restaurant tenu par une italienne en couple avec un indien. Les pâtes sont faites maisons, c’est bon mais pas non plus extra.


Retour dans notre famille d’accueil et gros dodo.



Autrefois appelée Kashi (la cite de la Vie) ou Bénarès (lieu où le suc vital est toujours à disposition) la cité fut rebaptisée du nom des fleuves Varuna et Assi, qui se rejoignent et se jettent dans le Gange.


Elle est située toute entière sur la rive ouest du Gange, face au soleil levant, l’autre rive étant dénuée de toute construction.


La ville, dédiée à Shiva , est l’une des plus saintes du pays et un peu l’équivalent de Lourdes en Inde.


Vârânasî constitue le cœur de l’univers hindou, l’un des lieux de passage entre les mondes physique et spirituel.


De nombreux sâdhus (ceux qui ont renoncé à toute possession matérielle) et pèlerins de tout le pays fréquentent cette cité ainsi qu’un grand nombre de mendiants.


Ici on se lave de tous les péchés en se baignant dans le Gange et l’on procède à la crémation des proches. Les rituels les plus intimes de la vie et de la mort y sont célébrés en publique et c’est-ce qui fascine la majorité des visiteurs du monde entier.


La célèbre exploratrice française, Alexandra David-Neel, après avoir demandé le renouvellement de son passeport à l’âge de 100 ans, s’éteint et est incinéré à Dignes avant que ses cendres ne soient dispersées dans le Gange, à Vârânasî.


Historiquement, l’ancienne Bénarès fait partit des plus anciennes citées du monde continûment utilisées avec plus de 3 000 ans d’histoire. 



Alix & Benjamin.



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Publié à 15:52, le mardi 3 novembre 2009 dans f. Inde Octobre 2009, Inde
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26/10/09 - Âgrâ suite.


Dimanche 25 octobre.


Levé tard J


Nous trainons un peu. Agra est une ville, certes avec de nombreux sites à visiter et où il faut payer, mais nous n’accrochons pas du tout à la mentalité. Le Rajasthan nous manque beaucoup.


Dans la journée nous faisons un aller-retour à la gare pour vérifier si nous avons avancé dans la liste d’attente du train et nous avons gagner seulement 10 places sur 40 en trois jours… Il nous reste moins de 48 h et l’on commence à imaginer le pire scénario : rester bloquer encore quelques jours à Agra…


Nous profitons pour envoyer des photos à la vitesse de la limace asthmatique et j’envoie quelques mails à nos amis français dispersés un peu partout en Asie maintenant.


Nous discutons avec Pascal sur msn et ça nous permet de nous remonter le moral. Maintenant c’est certain, nous allons nous voir en Thaïlande.


Le soir nous retournons dans un restaurant qui nous a plu, un truc tout moche, tout petit, pleins de mouches et qui à pignon sur rue. C’est pas sur les toits mais le type fait la cuisine sur environ 1m² pendant que deux jeunes s’alternent pour servir les clients. La nourriture est excellente malgré les apparences du lieux et le chef nous sert un plat du jour : fromage inséré dans des pommes de terre, le tout cuit pour griller un peu et servit sous une sauce au curry délicieuse.


Ici les plats coûtent rien du tout comparé aux autres restaurants et ils sont plus appétissants.



Nous y rencontrons deux couples de français âgés entre 35 et 55 ans. Ya vraiment que les français pour aller dans des coins comme ça J


Tout le monde a son billet de train pour quitter Agra en direction de Vârânasî mais personne ne sait vraiment si il va partir. L’un d’eux nous raconte que c’est mort pour Alix et moi, que d’être 30ème sur la liste d’attente 24h avant c’est foutu etc… Malheureusement pour lui, en regardant son billet électronique, on se rend compte qu’il n’a pas non plus de places et qu’il n’est même pas en liste d’attente.


L’autre couple à prit ses billets trois semaines avant et est toujours 4ème dans la liste depuis le début.


On se refile quelques tuyaux, on partage des expériences et on écoute les vieux routards raconter leur voyage en Inde d’il y a dix ans : ça n’a pas beaucoup changé d’après eux.



Lundi 26 octobre.


Journée d’angoisse, obligé de quitter la chambre pour 10h00, on laisse les sacs à l’hôtel et on trace à la gare pour prier, pleurer, donner un bakchich au guichet si il faut mais on veut nos places de train ce soir.


Nous prenons un rickshaw pour tester un peu à combien ils font la course pour prévoir ce soir.


Premier prix à 150 Roupies l’aller-retour… Truc de fou ce type !


On refuse catégoriquement, on propose un mauvais 40 Roupies qu’il refuse net. Il descend à 120 et nous lui sortons 50 Roupies. Refus encore une fois mais il nous propose l’aller-retour à 80 Roupies et à la suite de ça il nous mène voir un magasin d’un ami à lui chez qui nous aurions payer une commission sur le moindre achat et le genre de truc dont on arrive plus à se défaire… Nous proposons 60 Roupies en refusant sa tournée des magasins mais il refuse.


N’arrivant pas à nous mettre d’accord, nous prenons la route et le quittons mais au bout de 5 secondes il nous rappel et c’est ok pour 60 Roupies.


Direction la gare ferroviaire, nous allons d’un pied ferme au guichet, bien décidé à payer 200 Roupies de plus si besoin pour quitter Agra. Une femme nous prend notre billet et commence à regarder sur son ordinateur. La pression monte et elle fini par inscrire avec un stylo, nos numéros de places ainsi que le wagon du train.



OUF ! Les nerfs se relâchent, Alix fait répéter plusieurs fois pour être sur qu’on part bien. On a enfin notre billet de sortie.


Retour à Taj Ganj.


La fin de journée est extrêmement longue. Nous trainons dans le restaurant puis partons dans un parc pour tenter de faire une sieste sauf qu’ici il y a de la poussière partout alors on s’assoie sur un tronc d’arbre et on discute.


Impossible de rester 10 minutes tranquille car tous les jeunes de 16 à 22 ans s’amusent à nous narguer et à siffler Alix.


La tension monte et plusieurs fois nous les interpellons. Ils sont toujours en groupe de trois ou quatre et j’essaye de prendre sur moi pour éviter quelques ennuis mais lorsque l’un d’eux fait des bisous de loin, il se fait incendier par Alix, furax comme jamais.


Les indiens se sentent littéralement humilier lorsqu’une nénette leur gueule dessus J Ils ne savent plus où se mettre et partent se cacher.


Par moment je m’approche d’eux, ne cherchant juste qu’à casser la tension et pour leur serrer la main parce qu’au final, peut-être souhaitent ils juste discuter… Mais ils fuient à chaque fois.


Nous quittons finalement le parc pour nous installer dans un coin où il y a du passage mais forcément, nous nous faisons rapidement racoler par tous les types. Un en particulier à failli faire un soleil avec sa bicyclette si j’avais eu le temps de l’attraper au passage.


Les gamins du Fort d’Agra que nous avions croisé Vendredi passent à côté de nous et nous reconnaissent. Du coup on joue dans leur jeu car ils n’ont que 8-10 ans et ne sont pas méchants.


Ils nous disent qu’il n’y a aucun touriste au Fort alors ils vont prendre d’assaut le coin du Taj Mahal sauf qu’il y a d’autres gamins ici qui s’occupent du boulot.


A cet âge là ils boivent déjà de la bière, fument un peu de tout et n’ont pas de maison. Ils sont très porté sur le sexe aussi et l’un d’eux explique qu’il connait le Kamasutra par cœur… Il veut absolument me montrer son bambou comme il dit… Ils nous font bien rire mais on sent que ça commence à déraper alors on tente de les calmer un peu mais c’est trop tard.


Finalement il aura sortit son petit bambou devant un rickshaw de touristes américains qui passait au même moment. Les deux gamins sont repartit en se jetant des pierres l’un sur l’autre, en faite, comme quand ils sont arrivés.


Ces petits bonhommes ont déjà une réflexion et des besoins d’adultes tellement ils sont livrés à eux-mêmes dans la rue. Il y a une vraie guerre des gamins de la rue pour les zones touristiques (genre guerre des boutons version trash) et il est pas rare de les voir se battre. La rue est un territoire sauvage où tout être vivant est obligé de se faire respecter par la violence que ça soit un p’tit bonhomme, un chien, un singe, un oiseau ou mêmes un écureuil. Les petits cris éclatent un peu partout et les bagarres ne sont jamais longues, juste le temps de montrer qui est le chef ici.


Nous décidons pour le coup d’aller nous réfugier sur le toit-terrasse d’un restaurant pour finir la journée et ne plus être embêter. Nous nous installons et commandons à boire et le temps que le serveur descende, une gamine et son petit frère (ils devaient vivre dans l’immeuble) arrivent et s’assoient pile à côté d’Alix.


La fillette balance le menu à la figure d’Alix assez maladroitement… Sur le coup on s’est dit bon elle a pas fait exprès.


Et puis elle lui hurle dessus… On s’est dit, elle veut communiquer mais elle s’y prend mal.


Et puis elle touche les joues d’Alix, l’a pince et l’embête…


Forcément c’était vraiment, mais alors vraiment pas la journée.


Alix se lève et passe une gueulante, mais ça les fait plus marrer qu’autre chose. Truc de dingue, on se demande comment faire avec deux morveux pareils !


Finalement le serveur remonte et les fait déguerpir en s’excusant auprès de nous.


A ce moment là nous nous sommes dit que nous faisions bien de partir d’Agra.


La ville nous répugne tellement les gens nous ont vraiment gonflé. Et on parle pas des rabatteurs ou des vendeurs qui font leur boulot mais des jeunes, des gamins, des mecs qui se l’a pètent et qui fuient comme des couards larmoyants.



Nous sommes certains maintenant que lorsque l’on est énervé, les gens le sentent inconsciemment et l’on attire encore plus les types lourd qu’en étant calme. Nous l’avons vérifié à Jaipur et maintenant à Agra…


Bref la soirée passe devant un bon Tom & Jerry dans notre bouiboui préféré et nous allons chercher nos sacs. Le chauffeur de rickshaw de ce matin n‘a pas oublié que nous devions prendre un train ce soir et donc il nous chope au passage et tente de nous amener pour 50 Roupies le fou.


Nous refusons direct étant donné qu’il nous avait fait faire l’aller-retour pour 60. Il tente de vendre son business lorsqu’un jeune chauffeur arrive et nous accepte pour 35 Roupies.


Nous montons alors à bord du rickshaw le plus funky de la planète. Le jeune indien l’a tellement décoré qu’il y a partout des boules discos, des guirlandes, des dessins, des cœurs, des photos. Il a même mit une caisse basse et deux grosses enceintes à l’arrière et lorsque nous acceptons qu’il mette sa musique nous en prenons plein la tronche pendant tout le trajet J


Digne des plus grandes voitures tunées, ce rickshaw était énorme ! Il manquait juste les néons du dessous de caisse.


L’arrivée devant la gare ne se fait pas en toute discrétion forcément mais j’ai adoré le concept du rickshaw fou.


Bref nous attendons notre train n° 4 854 qui a du retard. Finalement quand il arrive, on se jette dans notre wagon S4 (sleeper) avec Alix pour pouvoir avoir des places pour ranger les sacs. Nous nous installons sur nos banquettes côté couloirs (n°23 et 24)


A la suite de ça, un indien tente de s’incruster sur l’une de nos banquettes pour la nuit car il n’en a pas. On lui fait comprendre qu’il peut s’assoir mais quand on voudra dormir, il pourra aller voir ailleurs si ya pas d’autres pigeons. L’histoire est rapidement réglé par le contrôleur de billet.


J’ai des énormes crampes d’estomac depuis la gare et pendant toute la nuit. Je crois que ça vient du curry que j’ai mangé en trop grande quantité ces derniers jours…



Alix & Benjamin.



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Publié à 15:08, le mardi 3 novembre 2009 dans f. Inde Octobre 2009, Âgrâ
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